Cannes 2011: « The Tree of Life » (sortie cinéma le 17 Mai)


Cannes 2011: « The Tree of Life » (Usa-Terrence Malick-2h18 )

Synopsis : Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l’oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu’il affronte l’individualisme forcené d’un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu’au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire…

Un film attendu comme « l’Arlésienne »

C’est pendant la post-production du Nouveau monde, que Terrence Malick lance avec sa productrice Sarah Green le montage financier de The Tree of Life. Ne laissant filtrer, comme à son habitude, que très peu d’informations sur l’avancée du film, il a laissé les rumeurs se multiplier à son propos. On a commencé à parler de sa probable sortie dès fin 2009. En mars 2010, il semblait sûr que le film allait être présenté à Cannes puisque Thierry Frémaux lui-même, ayant vu une version du film, avait communiqué sur son excitation à l’idée de l’avoir en sélection officielle de son festival. C’était sans compter sur le perfectionnisme de Malick qui ne considérait pas le film encore assez abouti. Peu de nouvelles ensuite, jusqu’à cette bande-annonce diffusée début décembre avant le film Black Swan aux Etats-Unis, puis sur internet à partir du 16 décembre. Et des dates de sorties: le 27 mai 2011 aux Etats-Unis et le 18 mai 2011 en France et surtout… à Cannes.

Un réalisateur rare

Cinq films! Tree of Life n’est que le cinquième film de Terrence Malick en près de quarante ans! C’est dire si le cinéaste sait se faire désirer. Il commence sa carrière de réalisateur avec La Balade sauvage en 1973. Il n’attend alors pas (trop) longtemps pour faire Les Moissons du ciel qui sort en 1979 (après tout de même un montage de deux ans). Ayant reçu une avance d’un responsable de la Paramount pour son prochain projet (malgré l’échec public retentissant de son film), il va profiter de la somme pour faire un tour du monde avant de…disparaitre.
Il ne reviendra que près de vingt ans plus tard avec La Ligne rouge et son casting de stars : entre temps, la légende Malick est née. Et ses nouveaux films ne la démentent pas: ni cette réflexion métaphysique sur fond de film de guerre, ni Le Nouveau monde son film suivant, qui se fait encore attendre huit ans.
Tree of Life qui va sortir en mai 2011 n’a donc pas dérogé à la règle puisqu’on attend sa sortie depuis déjà deux ans. (source allociné)

Bande annonce:

Premiers avis:

La Croix:

Brad Pitt, également coproducteur du film, y incarne, sur fond de puritanisme protestant, le rôle d’un père de famille autoritaire, obnubilé par sa réussite et celle de ses enfants, dans une petite ville texane des années 1950. La mère, douce et généreuse (Jessica Chastain), est proche de la figure mariale.

Le récit ne s’offre pas de manière concrète et linéaire

Mais on s’attachera plus particulièrement aux tourments de Jack, l’aîné d’une dizaine d’années, qui grandit tiraillé entre la généreuse vision maternelle et une haine de plus en plus tenace envers l’intransigeance paternelle. Jusqu’au surgissement du drame.

Le récit ne s’offre pas de manière concrète et linéaire, mais sous la forme d’un long et magnifique poème empreint de mysticisme, traversé d’images sublimes, baignées de nature et à l’affût de la grâce. Précédé d’un exergue emprunté à la Bible – « Où étais-tu quand j’ai créé le monde ? » (1) –, le film oscillera d’ailleurs entre cette « grâce qui ne cherche pas son profit » et cette « nature qui ne cherche que son profit ».

Flottant dès les premières images tout près des personnages, la caméra fait écho à ces paroles qu’ils adressent à Dieu, à l’exemple d’un Jack devenu adulte (Sean Penn) : « Tu m’as parlé à travers elle, à travers le ciel et les arbres, avant que je sache que tu existais. Quand t’es-tu penché sur mon âme ? »…

http://www.dailymotion.com/video/xiqk0t_brad-pitt-malick-a-un-sens-du-spirituel-mais-the-tree-of-life-est-universel_shortfilms….

François-Guillaume Lorrain (Le Point.fr) On tient là notre première guerre de tranchées. Tree of Life, de Terrence Malick, a provoqué sifflets appuyés comme applaudissements nourris. Une seule certitude : à la conférence de presse, Brad Pitt a provoqué une cohue monstre. Il faut dire qu’il était la seule vedette, Sean Penn ayant déclaré forfait – ses brèves apparitions dans le film ne semblaient pas correspondre à son investissement initial – et Malick étant aux abonnés absents. Il ne montera pas les marches, il ne fera rien de rien : le Salinger du cinéma ne dérogera pas à sa règle d’abstinence médiatique totale. On ne sait même pas s’il est présent à Cannes. Peut-être, déguisé en journaliste.

« Jurassic Park au catéchisme » : c’est ce que les détracteurs ont lâché méchamment à la sortie. Parce qu’on aperçoit quelques plans de dinosaures – c’est un film aussi sur l’origine du monde – et que la religion est au coeur de cette famille brisée par un deuil dont Brad Pitt est le chef inflexible, rempli toutefois de doutes et de frustrations. Il faut en effet pouvoir entrer dans le film de Malick, accepter le mysticisme de cet homme, qui passe par des intermèdes visuels étonnants : on n’est pas obligé d’y croire, il faut juste le tolérer. Cette tolérance, qui passe par des plans superbes, n’a visiblement pas été au goût de tout le monde : on a crié à la niaiserie, au salmigondis philosophico-mystique. Ancien traducteur de Heidegger, ancien professeur de philo au début des années 70, Malick a le parcours le plus atypique pour un cinéaste. De cette formation philosophique, il a des restes et même de gros restes, mal digérés par certains spectateurs.

sasha guilty  le 11/05/2011  
Critiquer The Tree of life serait vain et subjectif. On pourra trouver le film trop chrétien certes, proche dans son message du magnifique sermon du staretz des Frères Karamazov de Dostoïevski, ce qui ne manquera pas de gêner nombre de critiques et d’intellectuels parisiens. On pourra trouver le film parfois long et nébuleux, comme 2001 par exemple. On pense au film de Kubrick à propos de plusieurs plans et raccords cosmiques où des millions d’années disparaissent dans une coupe et où l’univers et les planètes complètent l’histoire humaine. Mais finalement, à l’issu de la projection, on reste là, figé dans son siège, et on comprend qu’on ne peut rien reprocher au film puisqu’il est beau, sublime même et très émouvant. Le scénario relève de l’antiplot, il n’y a pas de conflit, et le sens du film, lourdement assené, se dérobe à l’analyse et à la discussion. C’est un film un peu Spielbergien en plus beau et en plus profond. Les acteurs y sont plus vrais que vrais, la direction de Malick les montre dans un naturel qui nous fait totalement oublier la fiction. Les images nous hypnotisent par leur force et la poésie qu’elles dégagent. Mais l’essentiel n’est pas là. Le plus beau, c’est que vous allez retrouver vos sensations de l’enfance comme jamais au cinéma. Vous allez voir, rire, courir, grandir et vous émerveiller comme l’enfant que vous étiez. Vous allez littéralement redécouvrir le monde…

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